Protais Delien, « zouave grenadier très courageux »

Dans le précédent billet, j’évoquais mon arrière-grand-père fait prisonnier à côté de Verdun en 1916.

Le billet d’aujourd’hui est consacré à Protais Delien. Il n’est pas mon ancêtre à proprement parlé puisqu’il était marié à une cousine de mon arrière-grand-mère :

arbre-protais

Protais est lui aussi né en 1894 à Bécon-les-granits (Maine-et-Loire). J’imagine assez facilement que Louis et Protais se connaissaient, étant de la même « classe » et compte tenu de la taille de la commune (2000 habitants au début du 20ème siècle).

protais

Protais était le jeune fils d’un couple de cultivateurs. D’après les éléments que j’ai pu trouver sur Geneanet, il avait un frère de 13 ans son aîné et une sœur décédée à 20 ans, un mois avant sa naissance.

Son registre matricule est très instructif. En 1916, il était lui aussi non loin de Verdun.

protais2

On peut y lire qu’il était un « zouave grenadier très courageux toujours volontaire pour les missions périlleuses ».

Effectivement, le 16 juillet 1916, incorporé au 2ème régiment de zouaves, il fut blessé à Fleury-devant-Douaumont (Meuse) « sur le parapet de la tranchée ennemie, alors qu’il lançait des grenades ».

Cette blessure intervient alors que les forces françaises tentent, depuis 3 jours, de reprendre le village de Fleury.

Fleury fut détruit.

fleury

Le bilan humain de la Bataille de Verdun est très lourd dans les deux camps : au moins
300 000 morts et des centaines de milliers de blessés.

Je n’ai pas d’archives personnelles témoignant de cette horreur mais les lettres de Poilus sont édifiantes :

Fleury est à cent mètres à peine; mais nous ne pouvons résister, malgré la pluie de mitraille, à la tentation de jeter un dernier coup d’œil sur «là-bas»! Là-bas, c’est sans limite la bataille, c’est l’enfer déchaîné. Ce que nous ne voyons pas sous la voûte de feu qui déchire la nuit, nous le redevinons, nous le revoyons, et maintenant que nous ne combattons plus, la scène est pleine d’horreur. Nous revivons le combat. Le voisin, camarade de toutes heures, tombé sans même un regard. Puis la boucherie. Les membres qui sautaient sous l’action de nos percutants, la chair, le sang qui tombaient presque sur nous, puis nos shrapnells qui fauchaient… les mitrailleuses aussi avec leur ta ta ta ta ta, sec, nos fourchettes au cliquetis joyeux, instruments de mort.

Protais a été décoré de la croix de guerre médaille de bronze et reçu une pension de 240 F.

Sachant qu’il a eu une fracture du bras, une plaie au thorax et une hémoptysie (je vous laisse aller voir sur Google ce que c’est), c’était la moindre des choses.

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